J’espere que vos tours de salle, vos tubes a essais, vos patients hypertendus, vos drinks sauvages du vendredi se portent bien.
Je profite du fait d’être a la capitale et d avoir accès a internet pour vous envoyer rapidement un petit message qui est plutôt une compil de messages. Je suis désolé mais je n ai pas le temps de vous envoyer de messages personalisés. Je veux juste dire que j’ai le fauve qui grogne et qu’il y a aucun moyen de faire la fête en région somali surtout avec le couvre feu actuelle. Je vais donc accumuler les frustrations et me lacher comme un fou une fois en Belgique. Préparez vous au choc ;)
Je vous mets 2 mails : le premier est un peu sérieux mais explique la situation, le deuxième est un récit d’une petite expédition. Voila n’oubliez pas de m’envoyer des nouvelles. Je vous envoie un gros bisou plein d’amour et de tendresse. (un bisou
special a la gang de ITM aux quatres coins du monde; merci pour les mails et bonne continuation a tous dans vos aventures)
Petite info de derniere minute depuis la civilisation de la capitale : certain d entre vous on peut etre entendu parle de l attaque recente des rebelles en Ogaden. Pour nous il y a peu de repercutions directes. Notre probleme est plutot tot la tension dans la ville suite a un assassina. Pas besoin de vous inquiter donc car on est tres ( trop) prudents. Je viens de lire vos mails. Merci bcp.
Mail 1
La région Somali est effectivement très différente du reste de l’Ethiopie (de se que j’en ai vu en tous cas). L’Afrique n’existe pas. Il n’y a que des Afriques… La différence avec mon expérience Congolaise est flagrante.Contrairement a ce quoi je m’attendais, les gens sont aussi très souriants et le désert a un charme mystique.
Je suis actuellement en break pour 4 jours à Addis.J’ai pas réussis à t’envoyer des nouvelles plus tôt car on n’a pas d’accès a internet depuis Kebri Dehar (et donc d’accès à mes contacts). On a uniquement une adresse commune pour tous les expats via satellite (cfr infra).Ma mission se déroule relativement bien mais il faut beaucoup de patience. L’assessment des premières semaines a montré que la situation est vraiment en dessous de tout. On travail sur toute la zone Korey et a part 4-5
agents de santés communautaires qui n’ont presque pas de médicament, l’hôpital
de Kebri est le seul espoir pour une population de probablement plusieurs
centaines de milliers de personnes. Le bloc opératoire est fermé depuis 7 ans (on dervrait arriver a le reutiliser d ici 3 mois) et le reste des soins fournis sont médiocres. Pourtant les entrepôts sont remplis de matériel et de médicaments. Malheureusement très peu est utilisé et la majorité attend gentiment la date de péremption sans que plus personne ne se souvienne que c’est en stock. Le problème majeur est l’organisation et la remotivation. Le problème est aggravé par le manque de coopération et les problèmes linguistiques entre les différentes ethnies. (Les Dr ne parlent qu’amharique). La plus part ne restent que pour un an ou 2 et attendent
donc d’être transférés.
De plus, on vise du long terme et donc pas de substitution mais les remotiver, les aider et donner les moyens. Ca avance assez lentement malgré qu’on travail beaucoup. Heureusement on a déjà réussis a relancer certaines activités. On ne veut pas leur mettre trop de pression car ca nous a pris longtemps pour construire une bonne relation et on risquerai la rupture si on demande trop d’un coup. D’un autre coté on est pressé par le donneur (ECHO). Ca nous met dans une situation délicate.
On a aussi un problème pour distribuer les médicaments. ECHO veut que se soit donné gratuitement, ce qui est à l’opposé de se que veut le gouvernement, le staff de l’hôpital et les pharmacies de la ville. Je crois que c’est une erreur de vouloir distribuer gratuitement la totalité de ces médocs. On devrait les vendre et réinjecter les bénéfices dans des projets.
Bien sur et heureusement, on reçoit parfois des remerciements et des encouragements qui nous motivent et nous rendent de l’énergie. C’est important pour moi qu’ils nous montre qu’on est pas les seuls a croire en ce projet.
Du point de vu medecine, on a du s occuper d un camp cholera ouvert par le desk urgence de mdm qq semaines avant notre arrive. Je fais aussi le tour de salle, et qq consules ; j’espère pour pouvoir m’occuper bientot du training des infirmiers et des community health workers. J’aurai peut être besoin de ton expérience et de tes avis… ;)
L’accès au post de santé est difficile il y a bcp de problèmes de sécu qui nous empêche d’y aller on espère pouvoir y travail plus prochainement car on a maintenant tout se qu’il faut.(radio, elder, voitures,…)Comme tu le sais, c’est une zone de conflits (principalement entre les rebelles de l’ONLF et l’armée mais aussi entre différents clans). Les combats à Mogadishu n’ont pas trop de répercussion. C’est du peut être pas plus mal pour nous dans un sens que l’armée y soit toujours car ils
prévoient dès leurs retour une opération pour nettoyer la zone des
rebelles.
La semaine passé, une des personnes les plus importantes de la ville c’est faite fusillée à 100 metres de chez nous. On peut s’attendre des represailles. Hier, les rebelles ont tué 75 personnes dont des chinois qui voulaient exploiter les réserves de gaz de la région.Dans qq jours, je me rendrai a Jijiga pour des requêtes au « regional health bureau » et demander les protocoles en vigueur. Le premier juin, j’aurais 12 jours de break et je pensais faire le circuit historique amputé de qq parties. En chemin, je pensais visiter la mission MdM d’Axoum et aussi Tesfay si tu penses que ça peut être bien. On (avec Sarah qui me rejoint) voudrait aussi voir Lalibela, les Simien montains et le lac Tana avec ses alentours, Si tu as des conseils pour ce voyage, n’hésites pas !!
Je me rend compte que c’est déjà un long mail et pourtant que j’ai pu expliquer que superficiellement tout ce qui se passe ici. Je me réjouis d’en discuter.
Mail 2 :
Début de semaine, nous avons reçu des infos a propos d’un début d’épidémie de cholera à Shilabo, une ville à 100 km d’ici. On nous rapportait de 40 cas par jour avec bcp de morts. On a donc décidé d’envoyer une partie de l’équipe pour faire un bilan, apporter un peu de matos, faire des trainings et de la prévention. Je suis donc parti 2 jours avec l’infirmière. Je ne me rendais pas compte que c’était si compliqué d’envoyer une équipe sur le terrain. Du point de vue administratif, il faut l’avale du région health bureau, du district, faire des ordres de mission, des certificats pour le matos, per diem et contrats spéciaux, etc . c’est aussi un chauffeur,
un traducteur, un infirmier, un radio operator sur la base, et surtout un elder qui est la comme community advisor et pour gérer les rebelles en cas de rencontres. Il y a plein de code pour la radio notamment pour ne pas pouvoir se faire localiser. Ca m’a vraiment fait du bien de sortir de la ville et de pouvoir réaliser ou je suis. En effet Kebri donne une fausse impression de sécurité. On nous parle de clashs, de morts, d’attaques tous les 3-4 jours et du coup on met de couvres feu de plus en plus stricts (pour le moment c est dès 18h car il y a un meeting de généraux en ville) mais tout ça reste virtuel…pendant ce voyage, on a réalisé ! Après 1 h ½ un « freedom
fighter » a surgit des buissons. En qq secondes on était entouré de plusieurs jeunes rebelles au look seventies. Je dois bien avouer que j’étais assez tendu. Mais ils sont restés très réglos et même polis. Ce sont des groupes avec un agenda politique bien défini et pas des anarchistes qui terrorisent la population. Si on est neutre et qu’on est la pour aider la population, alors on est la bienvenue. C’est justement ce statu de neutralité qui est dure de conserver et auquel on doit être attentif tous les jours dans tout ce qu’on fait . Ca c’est donc résumé a une petite discutions avec l’elder, qq salutation, qq regard perplexes et on repart après qu’ils nous aillent
prié de les excuser pour le dérangement. Mais il faut pas se méprendre, ce sont de vrai combatants et les affrontements sont réguliers. Leur vie doit être si différente de la notre…
On repart donc, et je découvre qu’au delà de l’immensité du désert de Kebri et de ses centaines de chameaux, une fois les montagnes passées, existe une vraie savane africaine. C’est très beau et inattendu. On rencontre bcp d’animaux : pleins de digdigs (entre rat et gazelle ;), des petits écureuils des sables, des autruches, des pintades tropicales, des gazelles, des phacochères, surtout beaucoup d’oiseau et notamment ces petits toucans comme dans le roi lion. Et aussi des cathédrales construites par les fourmis.
Ces donc après 3h de route qu’on arrive à Shilabo, petit village mais capitale de district. Peu d’habitant mais un pt de rencontre pour un nombre inconnu de nomades (commerce et puits).Première chose remarquée est cet attroupement de centaines de chameaux autour d’un immense puits presque vide. (tu verra les photos sont
impressionnantes).
Dès l’arrivée, on est inondé d’infos de rencontres, de visites etcOn s’organise, continue l’assessment et prévois in RDV avec les différents chefs de clan. Il semble que les chiffres aillent été un peu gonflé ; sur les 10 derniers jours, une soixantaine de cas et 6 morts. La situation n’est pas dramatique et on met l’accent sur la prévention (qui n’est pas facile avec si peu d’eau)
La réunion avec les chefs d clan était assez impressionnante ; très protocolaire. Il faut y mettre la forme et trouver l’équilibre entre justifier notre présence et ne pas faire de fausse promesse. Ils nous accueillent tous les bras ouverts mais je crois qu’ils attendre trop de nous…il faut réaliser qu’il y a juste un poste de santé avec un infirmier et qq médocs pour probablement +- 250 000 personne. Si ils arrive a
référer, c’est à Kebri (qui est loin d’être au point) A 19h on va au « resto »(no comment). L’elder pousse pour qu’on ne traine pas en ville. Il avait raison puisqu’au milieu du repas éclate une fusillade pas très loin du resto. On apprendra le lendemain que c’était des rebelles qui ont attaqué l’armée. 1 mort et un blessé. On reste sur nos garde mais on est pas trop stressé (surtout Rachel qui a vecu ça fréquemment au Darfour) car on est normalement pas concerné. Le lendemain, je donne mon premier training. J’essaye de le rendre un peu interactif. Enseigner, ça doit
être pris au sérieux et ça s’improvise pas. Je me demande quel impact a réellement ce type d’action ; est ce qu’on sauve des gens ? Je m’occupais de la formation pour le staff médical pendant que les autres s’occupaient de la population en générale. J’étais heureux de constater que mes interlocuteurs étaient très attentifs. On fini l’assessment et on part pour Laasoole d’où viennent qq cas. C’est un tout pt village. Rebelotte, réunion dans une petite case, rediscour etc mais encore plus urbain (un peu le cliché africain). On prend qq minutes pour que l’infirmier puisse passer des
messages de prévention. On se sent un peu bête d’avoir presque tout donné à Shilabo et arriver quasiment les mains vides ( une boite d’ORS et qq posters). Rapide visite du post de santé qui n’est utilisés que par les chauves souris et on repart pour KD.
A peine 34h mais notre vision a changée. On se sent plus engagé personnellement envers la population. C’est marrant aussi de rentrer à Kebri et de penser revenir dans la civilisation alors qu’en partant on pensait que c’était le pire de no man land.
Mon adresse pour les 6 prochains mois est Mdm305 (arobase) skyfile(point) com
C’est une adresse commune. Il faut donc préciser « pour Bernard » dans « sujet ».
Merci de ne pas envoyer de dossiers attachés sur cette nouvelle adresse sauf si vraiment nécessaire, ni de message sur mon adresse hotmail pendant cette période. Je serais content d’avoir de vos nouvelles cependant il faut éviter les excès car nous payons aussi à la réception.
Bernard
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire