dimanche 25 janvier 2009

Tom en Afgha: suite et fin

Résumé:

- Pour des raisons complètement indépendantes de la crise boursière, la moitié de l'équipe expatriée de l'AMI n'a pas pu être remplacée au terme de son contrat et nous avons à peu près tous pris deux casquettes. Bibi est donc "coordinateur médical" en plus de "responsable laboratoires" (plus pharmacien à mes heures perdues et quelques autres menues tâches accessoires).
- Pour des raisons complètement indépendantes de l'élection de Barack Obama, nous avons célébré la nouvelle répartition des tâches par une triple épidémie de cholera, des bureaux électoraux qui voulaient s'incruster dans nos cliniques, des contrats qu'on voulait ne pas signer et d'autres qu'on voulait signer mais qu'on ne pouvait pas et j'en passe et des meilleures.
- Pour des raisons complètement indépendantes de la naissance de ma filleule, la situation sécuritaire ne s'arrange pas en Afghanistan. La conséquence principale pour nous est que l'AMI a décidé de "relocaliser" ses expatriés hors d'Afghanistan et que je me trouve présentement à Delhi.
- Pour des raisons complètement indépendantes des problèmes communautaires belges, mais dépendantes des points développés ci-dessus, je terminerai mon contrat plus tôt que prévu, fin janvier. Quelque part fatigué, mais heureux. Pour la suite: vacances, puis doctorat. Inch'Allah.

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Pas résumé:

Coucou tout le monde,

Une fois n'est pas coutume, je prends ma plume pour vous écrire des choses pas drôles. Et je commencerai même par parler de sécurité, même si je continue à croire que c'est ce qui définit le moins bien l'Afghanistan. C'est un choix éditorial qu'il me faut cependant faire car c'est le paramètre qui a le plus influencé ma vie professionnelle ces derniers mois.

Vous avez probablement entendu dire que la sécurité en Afghanistan se dégrade. Je ne vous cacherai pas que, si l'on est loin de la situation catastrophique parfois décrite par les medias occidentaux, les statistiques tendent à confirmer que tout ne va pas en Afghanistan et ce, de plus en plus.
Cela a commencé à la fin de l'été dernier par une dégradation en périphérie et, pour nous, une restriction de plus en plus fréquente aux visites sur les bases provinciales. Cela fait maintenant plus de 6 mois que je n'ai plus mis les pieds en province.

Il y a quelques semaines de cela, j'allais vous écrire que nous ne sommes pas personnellement en situation d'insécurité, mais je dois maintenant un peu nuancer cette position. En effet, plusieurs attentats, au sens large du terme, à Kaboul ont récemment eu des expatriés pour cible. Jusque-là, Kaboul avait relativement été épargnée par les évènements sécuritaires, mais on pense avoir franchi une limite au-delà de laquelle il n'est pas impensable qu'un événement sécuritaire touche un expatrié ou un Afghan parce qu'il se trouve en compagnie d'un expat, ce qui signifierait la cessation des activités de l'AMI en Afghanistan. Etant donnés l'étendue de celles-ci et le degré d'autonomie du personnel afghan, on pense qu'il est plus raisonnable de retirer temporairement les expats d'Afgha pour réduire le risque sécuritaire au maximum, tout en se laissant la possibilité de revenir épisodiquement en Afghanistan.
Quand je dis "on", je pense surtout à nos gentils logisticiens de l'équipe (que je salue au passage) qui s'amusent toute la journée à collecter des informations et à adapter les mesures de sécurité en fonction des évènements, et aux responsables du siège qui ont le recul parfois nécessaire pour prendre ce type de décisions.
Donc, voilà, on a pris deux semaines pour se préparer à ce nouveau mode de fonctionnement et nous sommes partis en novembre, avec le cœur amer de partir dans ce type de conditions. On a travaillé quelques semaines depuis Paris, tout en mettant en place une base à Delhi. J'ai été refaire un tour à Kaboul une dizaine de jours au mois de décembre et, après un autre passage par Paris, je suis maintenant à Delhi. Plus pour très longtemps.

Les conséquences de l'insécurité sont parfois plus dures encore. Il y a quelques mois, Nicole, une amie qui travaillait pour IRC, a été assassinée par les Talibans dans la province du Logar, ainsi que 3 de ses collègues.

Parmi les évènements difficiles relativement récents, il me faut citer les problèmes de corruption parmi notre personnel afghan, qui nous ont obligés à virer du staff. Ce qui, dans un contexte de sous-effectif, revient à se tirer une balle dans le pied. Rajoutez-y quelques démissions et saupoudrez d'incompatibilité d'humeur, et nous voilà qui nous arrachons les cheveux pour joindre les deux bouts.
Alors, on se serre les coudes et l'on s'invente de nouvelles compétences. Voici donc votre humble serviteur qui se retrouve à gérer le département médical en plus du laboratoire. Mais ce système est limité par les capacités humaines et les uns s'en vont après les autres. Pour l'instant, nous cherchons toujours un(e) chef de mission, un(e) responsable programme de santé, un(e) coordinateur logistique, mais aussi un(e) coordinateur médical et un(e) responsable labo (car je m'en vais bientôt). Ceci tient lieu d'offre d'emploi.

Autre constat amer, le monde humanitaire n'est pas épargné par les connards. Il y a ceux qui se la pètent. Il y a ceux qui sont prêts à tous pour avoir ton contrat avec un bailleur de fonds à ta place. Il y a ceux qui te piquent carrément tes idées. Il y a ceux qui sont prêts à bosser avec n'importe qui pourvu que ça paie. Il y a les experts qui bossent pour les bailleurs de fonds pour 1200$ par jour et qui refusent que tu budgétises du personnel à 50$ par mois. Il y a les bailleurs de fonds qui orientent leur politique clairement vers du "pas cher, mais visible" ou qui favorisent tellement ouvertement les grosses ONG que ça devient impossible pour les petites associations de trouver des fonds. Bref, pas que des gentils mais heureusement, il en reste suffisamment pour nous faire une bonne bande de potes.

Sinon, ça va. Ca va d'autant mieux que le monde a récemment accueilli Lucie, ma nièce et filleule et, nul n'oserait le contester, la plus jolie petite fille du monde. Trois mille six cent quatre-vingt cinq grammes de bonheur à la naissance!

Bon, pour vous prouver que mon moral tient toujours, voici la description, tant attendue par certains, de la circulation routière en Afghanistan. Si vous avez aimé, pour ceux qui recevaient déjà mes tartines à l'époque, le chapitre sur les taxis péruviens, vous allez adorer mes amis les chauffeurs afghans.

Comme dans beaucoup de pays en voie de développement, la circulation automobile tend à l'anarchie. Il y en a qui disent qu'il existe un code de la route afghan, mais les faits tendent à faire taire cette rumeur. En tout cas, s'il existe, il contient sûrement les dix articles suivants:
§1. La priorité n'est pas à ceux qui viennent de gauche ou de droite, mais à celui qui a le véhicule qui a la plus belle allure.

Dans ce contexte-là, on comprend que les automobilistes ajoutent sur leurs véhicules, à tours de bras autocollants, tubes fluorescents et autres spoilers. Par contre, un cycliste, même s'il personnalise son vélo, a de grandes chances de se faire renverser.

§2. La circulation en sens interdit est une violation grave du code de la route.
§2.1. Font exception à cette règle les piétons.
§2.2. Par extension de l'article §2.1, font exception à cette règle les charrettes à bras. §2.3. Par extension de l'article §2.2, font exception à cette règle les charrettes attelées.
§2.4. Par extension de l'article §2.3, font exception à cette règle les cyclistes.
§2.5. Par extension de l'article §2.4, font exception à cette règle les motos.
§2.6. Par extension de l'article §2.5, font exception à cette règle les véhicules lents.
§2.7. Par extension de l'article §2.6, font exception à cette règle les véhicules moins lents.
§2.8. Par extension de l'article §2.7, font exception à cette règle les voitures.
§2.9. Par extension de l'article §2.8, font exception à cette règle les camions.

En fait, ce n'est pas le code de la route qui décide si tu peux prendre une route en sens unique, mais c'est la faisabilité. Si tu t'engages dans un sens unique alors qu'il y a 3 voitures de front sur une route de 4m de large, tu ne peux pas. Il y en a qui essaient, mais ils se font vertement rappeler à l'ordre par leurs alter ego qui ne manquent jamais de faire entendre le doux son de leurs klaxons. Si la route est à peu près libre et que personne ne klaxonne, tu peux t'engager librement.

§3. Les feux de circulation sont là pour décorer. L'agent de circulation aussi, même s'il est moins joli.

Il a un feu à Kaboul depuis quelques mois, mais tout le monde s'en fout. Les flics, avec ou sans sifflet, n'ont aucune autorité. Quand on sait qu'ils sont payés $50 par mois pour se faire rouler sur les pieds tout en s'affichant comme cible parfaite pour les groupes terroristes anti-gouvernementaux (aussi appelés communément "talibans"), j'en conclus que c'est de loin le métier le plus pourri du monde.

§4. Les troupeaux de moutons qui traversent la route peuvent être considérés comme des quilles géantes, à condition d'avoir un véhicule suffisamment solide.

Les voitures antérieures à 1985 sont disqualifiées d'office. Pas les camions.

§5. Pour tourner à droite, clignotez à droite. Pour tourner à gauche, clignotez à gauche. Pour continuer tout droit, clignotez des 4 feux.

Quelque part, c'est logique!

§6. Dans un souci d'harmonisation avec le reste du monde sauf les Britanniques, il est obligatoire de rouler à droite en Afghanistan. Font exception à cette règle les véhicules cités dans les articles §2.1. à §2.9.
§6.1. Par conséquent, il est obligatoire de serrer à droite.
§6.2. Si votre volant se trouve néanmoins à droite (modèle britannique), serrez à gauche.

Comme 70% des voitures sont importées du Pakistan, où l'on roule à gauche, je vous laisse imaginer la foire. Le plus marrant, c'est que ceux qui ont appris à conduire avec un volant à droite, mais qui conduisent avec un volant à gauche, gardent souvent l'habitude de serrer à gauche (vous suivez?).
Le moins marrant, c'est qu'on se fait des frayeurs quand on est sur le siège passager. Mais avec le temps, on apprend à devenir les yeux du conducteur et à le conseiller astucieusement.

§7. Le véhicule n'est pas soumis au contrôle technique. Néanmoins, les critères pour mettre un véhicule en circulation sont stricts:
§7.1. Il est autorisé de rouler avec des gros éclats dans le pare-brise.
§7.2. Il est autorisé de rouler sans pare-brise.
§7.3. Il est autorisé de rouler avec des pneus lisses.
§7.4. Il est autorisé de rouler sans phares, même de nuit.
§7.5. Il est autorisé de lâcher des gros nuages de pollution à 3g de plomb/m3.
§7.6. Il est autorisé de rouler sans capot ou sans coffre.
§7.7. Il est autorisé de rouler sans tableau de bord.
§7.8. Il est strictement interdit de rouler sans klaxon.

En tout cas, je ne pense pas avoir rencontré un véhicule tel que cité à l'article §7.8.…

§8. Si vous avez des grands phares fonctionnels, allumez-les tout le temps la nuit.

Avec un désaxage généralisé des phares, on ne voit en général plus rien quand on croise un véhicule de nuit. Le principe consiste à bien repérer la route, à plisser les yeux quand on croise le véhicule, et à prier pour qu'un piéton ou un véhicule sans phares ne se trouve pas à proximité. Ca ne marche pas toujours.

§9. S'il existe, pour se rendre du point A au point B, un itinéraire simple et un autre compliqué, empruntez toujours le second.

Règle d'or suivie à la lettre par les nos chauffeurs.

§10. (Extrait du manuel du savoir-vivre afghan, p.117) Même en imaginant emprunter le trajet le plus simple, le plus court et le plus rapide, vous arriverez en retard, (i)parce que 2000 autres automobilistes ont pensé à prendre ce chemin-là, (ii) parce que 3 véhicules sont tombés en panne en même temps pile devant vous, (iii)parce qu'un convoi VIP et/ou militaire passe et menace de tirer sur tout ce qui bouge, (iv)parce qu'un camion s'est renversé même si vous ne comprenez pas ce qu'il foutait là, (v)parce qu'un véhicule s'est engagé dans le mauvais sens d'une voie à sens unique trop étroite (cf. §2), (vi)parce que le service de voirie a décidé de creuser des trous dans toutes les rues qui mènent à votre destination, (vii)parce que c'est une charrette tirée par un âne qui ouvre la voie, (viii)parce que c'est un âne qui conduit le véhicule qui ouvre la voie.
Pour toutes ces raisons (et pour les autres), il convient de téléphoner à votre hôte au moment où votre véhicule démarre et de mentionner que vous êtes en route (ce qui n'est pas faux) et que vous arriverez dans 5 minutes (ce qui est rarement vrai).

Pratique quand on doit se rendre quelque part et qu'on est à la bourre, mais il vaut mieux prévoir de la lecture si on attend quelqu'un.

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Voilà. Je quitte donc momentanément la scène humanitaire. Peut-être pas définitivement car, si les derniers moments ont été difficile, mon souvenir de cette expérience restera positif. Et je tiens à attribuer à un fâcheux concours de circonstance les évènements décevants de ces derniers mois plutôt qu'à un vice inhérent au système.
Et pour la suite, me direz-vous? Je vais me reposer grassement et m'atteler à la préparation de la thèse de doctorat qui devrait me permettre de terminer ma spécialisation tout en réalisant un vieux rêve scientifique. Un rêve qui pourrait être magique si je pouvais, comme je l'espère, y associer la fantastique expérience des pays en voie de développement de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers à la meilleure expertise microbiologique de l'UCL. La thématique résultant de cette cuisine a priori surprenante: la résistance des bactéries aux antibiotiques en pays en voie de développement.

Bon, allez, vous avez fait un bel effort de lecture. Vous aurez mérité vos vacances (et moi aussi).

Suite au prochain épisode…

Bizzzzzzzzzz,
Thomas

samedi 25 octobre 2008

Which animal in Haiti?

Good morning dear old friends,
after the Elephant in Sri Lanka and the Camel in Ethiopia, which one will be my next animal in Haiti?
I'm going one month in the most affected haitian town by ouragans (Hanna & Gustav) and cyclone (Ike): Gonaives.

Bets are possile: WHICH ONE WILL BE NEXT LUCA'S ANIMAL?




Hope everyone's fine, ciao, Luca

mercredi 10 septembre 2008



Coucou mes petits chéris,

Il y a une éternité, mais je pense toujours beaucoup à vous. Surtout ces derniers jours avec l'arrivée de la nouvelle troupe d'étudiants. Cette année 30 Anglophones et 14 Francophones dont beaucoup de Belges et juste assez d'Italiens et Espagnols pour pratiquer mes langues, mais trop peu d'étudiants d'autres continents. Une des raisons semble quand même être qu'il est très difficile d'obtenir un visa. Mais je ne vais pas me plaindre: un plus petit groupe sera peut être plus facile à gérer maintenant que les cours ont lieu dans les deux bâtiments - celui de la Nationalestraat et le couvent. Eh oui, je suis rentrée au couvent. On m'appelle même 'mère supérieure', car j'ai reçu un bureau à moi toute seule, ce qui est rare à l'institut. Touchons du bois que cela puisse durer, car c'est super agréable, avec une grande fenêtre sur le jardin (et le mur de la prison d'en face ...). Entretemps heureusement Hilde a pu déménager de son aquarium. Le petit film de Thomas est donc devenu un 'collectors item'. Eh oui, Thomas est passé par l'Institut il y a quelques mois déjà mais nous étions bien heureux de le voir en une si bonne forme (prends quand même bien soin de toi!). Je pense à vous quand je vois les nouvelles d'à travers le monde qui m'effraient quand même. Et je pense à vous quand je vois des trucs drôles comme ci-dessous. Et puis je pense à vous quand je passe devant le café des Tropical Runny Noses qui est devenu un restaurant indien. Cette année bon nombre d'étudiants sont musiciens et j'espère qu'ils trouveront un autre lieu pour s'amuser.
Gros becs et bizzzzzz, Titania
Photos: Une pour Thomas et une pour nos Suisses!

jeudi 14 août 2008

Des pensées pour Nicole...

Hier, quatre travailleurs humanitaires ont été assassinés dans la province du Logar par les Talebs. L'une d'entre elle faisait partie de notre cercle d'amis. Coup dur. On se serre les coudes.

http://www.theirc.org/news/irc-releases-names-afghanistan-staff-killed1308.html

Bizzzzzzzzzzz à vous tous aux 4 coins du monde.
Th

dimanche 27 juillet 2008

Y'a plus de saisons

J'en étais où, moi? Ah oui, l'hiver. Ce n'est plus du tout d'actualité, mais je vous avais promis de vous raconter l'hiver. En Afghanistan, l'hiver dure 40 jours. Seulement? Attendez de voir…

Extrait de citations de moi (plus ou moins imaginaires, mais pas très loin de la vérité):
- 15 novembre: Alex, t'as vu, y'a Ashmad qui a mis une grosse veste en mouton retourné. Quels frileux, ces Afghans!
- 30 novembre: Eh, les filles, si vous avez trop froid la nuit, z'avez qu'à appeler Super Bouillotte Man! J'ai des calories à revendre…
- 5 décembre: Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour installer les bukharis* au bureau? Tu comprends, la nuit, ça va, mais la journée immobile derrière mon ordi…
*Bukhari: pour ceux qui avaient oublié, ce sont ces poêles en tôle. A Kaboul, la plupart fonctionnent au pétrole. De fabrication maison et de maniement délicat, il n'est pas rare qu'un de ces objets explose… Pour souvent plus de peur que de mal.

- 8 décembre: Ashmad, t'as trouvé où, ta veste en mouton retourné?
- 10 décembre: Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour installer les bukharis à la maison?
- 15 décembre: Pourquoi c'est moi qui ai un bukhari tout pourri dans ma chambre? Il s'éteint tout seul, fait de la fumée et sent le pétrole: que les inconvénients sans les avantages!!!
- 20 décembre: Brrrrrrr
- 21 décembre: Glaglagla… -7°C… On va jamais tenir…
- 25 décembre: Pour Noël, ils auraient pu réparer mon bukhari.
- 28 décembre: Senad, pendant ma visite sur le terrain, tu peux demander à Kaka* Issa de jeter un coup d'œil sur mon bukhari, stp?
*Kaka: ne désigne pas un joueur de foot ni le sujet d'étude favori des biologistes, mais l'oncle paternel. Par extension, toute personne du sexe masculin qui a l'âge d'être ton oncle.

- 3 janvier: Kaka Issa, est-ce que tu peux jeter un coup d'œil sur mon bukhari, stp?
- 4 janvier: Kaka Issa, pour ce soir, ce p***n de bukhari doit être fonctionnel!!!!
- 5 janvier: Qu'est-ce que j'en ai à foutre de tes histoires de vent dominant qui fait de la fumée et éteint le bukhari. Mets-moi un chauffage à gaz, à électricité, n'importe quoi… ta belle-mère… m'en fous!
- 6 janvier: Glaglagla x10e4… Ton chauffage au gaz, il fuit. J'ai dû ouvrir la fenêtre cette nuit.
- 8 janvier: Celui-là aussi.
- 12 janvier: Audrey, si t'es en vacances, je peux prendre ta chambre?
- 12 janvier, au soir: Mmmmmmmmmh… Une vraie nuit au chaud…
- 20 janvier: Ca a été tes vacances? (…) Si, si, je suis super content de te revoir…
- 21 janvier: -27°C? T'es sûr? Sans le facteur vent????
- 22 janvier: Je déménage à la cave… J'en peux plus…
- 23 janvier: Ah, quelle nuit fantastique! Dans la cave, il fait plus de 5°C, c'est vraiment trop le pied!
- 1 février: Tiens, la neige fond…
- 15 février: Ah bon, vous avez éteint les bukharis?
- 1 mars: M'en fous d'avoir emménagé si tard à la cave. Pendant l'été, ça me tiendra au frais!!!!!!!
- 15 mars: Une soirée à thème? Les superhéros! Je fais SuperBouillotteMan.

Et voilà, fin décembre jusque début février. Quarante jours, le compte est bon. C'est peut-être pas le Canada, mais ça se défend bien. Et nous ne sommes pas à plaindre. Les morts se comptent par centaines dans certaines zones.
Quelques photos pour vous rafraîchir, sauf ceux qui traînent du côté de la Patagonie (si, si, il y en a).



Suite des news (en résumé, je vais quand même pas vous tartiner 6 mois d'anecdotes):

Le printemps est ensuite revenu. Pas un printemps interminable et gastéropodesque comme à Namur, non. Beaucoup plus rapide. Soudainement, tu te retournes et un arbre, qui était en bourgeons l'instant précédent, est en fleurs. L'oiseau qui y dormait se met à gazouiller. Subitement, les champs de cailloux ocres verdissent photos. Mais malheureusement, les jupes des filles ne raccourcissent pas.




Pour pallier à ce manque, petit break en Thaïlande. Temples bouddhistes, soleil, plages et crustacés. Quand j'en ai eu crust'assez, je suis rentré auprès de mes petits laborantins qui m'attendaient de pied ferme pour une formation au titre alléchant: la bactériologie des pus.

Aux alentours de mai, vient l'été. La chaleur nous tient éveillés la nuit, mais les burqas sont toujours aussi peu sexy. Les champs de cailloux rebrunissent en même temps que la peau des expats. Les rivières s'assèchent, les gorges s'assèchent et les chaussettes de l'archiduchesse, ça sèche.
Le mois dernier, pour éviter les grosses chaleurs, je suis parti me réfugier où la pluie est garantie: Malonne-plage. Document unique: l'aquarium d'Anvers. video

Après m'être soigneusement douché sous les cieux belges, me voilà de retour à Kaboul. Pour que vous soyez pleinement conscients de mes conditions de travail difficiles, il suffit de jeter un coup d'œil sur le trombinoscope de mes collègues expatriés pour savoir que ce sont tous des tueurs en série! Au secouuuuuuuuuuurs!!!

Sinon, je vais bien, merci! :-)

Suite au prochain épisode…
Thomas

mardi 10 juin 2008

some more cartoons...





mercredi 14 mai 2008

Blog des "suivants"

Voici donc le lien vers le blog de la promo 2007-2008 de l'ITG:

http://newsofmaya.blogspot.com

Sympa petit blog qui résonne déjà de noms de pays tropicaux à souhait!
Merci Titania.

Bon, quant à moi, promis, je vais bientôt donner des nouvelles. Je le juuuuuuuure!!!
Sachez déjà, tant que j'y suis, que je rempile pour un an ici en Afgha. Pas de barbecue géant le mois prochain, donc, mais plutôt pour juin 2009.

Des bizzzzzzzzz à tous,
Th