dimanche 29 juillet 2007

un rayon de soleil dans le ciel gris de Bruxelles

src="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEij24RyA79KbqToxKg1uaP36M8m-0vsr9uaypr_yE7ZkY-JBEuycV1ARZJ7AjVcGKTtJtOd8dBUIbd-XoXBDpuEoAksYdC7wMix8nbdZxehFoKIejzP3q1QfJ1BKfY7u9n03MPJMzYOSNM/s400/romane+et+ses+parents.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5092579412086561602" />



Cela fait bien longtemps que je ne me suis plus manifesté sur ce blog mais voici que je reprend la plume pour vous annoncer la naissance de notre petite fille Romane. Elle est née le 24 juillet à 15H50 après deux belles nuits blanches d'attente et de patience...Elle pèse 3KG 110 et mesure 50 cm et parait qu'elle a tout de son paternel...

Nous en profitons, jes et moi meme, pour souhaiter tous nos voeux de bonheur aux nouveaux mariés d'Italie et notre courage et nos pensées à Clothilde (en passant, bonjour à notre cher délégué...).

Notre fille ne restera peut-être pas très longtemps en Belgique. En effet, son Léon de père s'en va une semaine (en aout) au Congo à Lubumbashi pour se rendre compte du projet ainsi que la vie social sur place.

J'espère que tout le monde à travers le monde et leur projet se porte à merveille et encore une fois, vive le postgrade !!

samedi 28 juillet 2007

Que fais-je? Où vais-je? Dans quel état j'erre?

Bonjour tout le monde,

Parce que plusieurs d'entre vous se demandent ce que je fabrique en Afgha et pour éviter que vous croyiez que je passe mon temps à faire du tourisme, à jouer au foot et à me prélasser dans le hamac, il faut que je vous parle un peu boulot.

Mon travail ici consiste surtout à mettre en place la bactériologie dans les laboratoires des deux hôpitaux universitaires de Kabul. Nous travaillons en partenariat avec l'université de Lyon et l'ambassade de France à Kabul.Ma prédécesseur a mis en place le diagnostic bactériologique des infections urinaires et la première étape de mon job est de mettre en place la même chose pour les diarrhées bactériennes (coprocultures et associés). Il faut aussi améliorer les autres secteurs du laboratoire, la biochimie et l'hématologie, et puis sensibiliser les techniciens à l'hygiène, superviser les activités qui sont en place, dispenser des conseils, rectifier le tir quand c'est nécessaire, etc. C'est déjà pas mal, d'autant plus que dans un pays comme l'Afgha, peu de choses se déroulent comme prévu. L'approvisionnement en matos et réactifs, entre autres, est souvent foireux: recevoir un colis tient du parcours du combattant (à côté de ça, le magasin central à Woluwé, c'est du 5 étoiles) et les réactifs sont aussi peu faciles à trouver que fiables.

J'appuie aussi l'AMI sur leur programme de santé basique dans 3 provinces d'Afgha, soit pour moi en pratique, une trentaine de labos dont j'ai en charge la supervision technique. La semaine dernière, j'ai passé 4 jours sur le terrain dans la province de Samangan, dans le Nord.

Et puis, comme il y a pas beaucoup de médicaux expats sur la mission (d'ailleurs je suis le seul médecin expat AMI en Afgha; heureusement que les médecins afghans qui bossent pour l'AMI sont hyper efficaces), on me demande parfois des petits conseils médicaux et je soigne les bobos des collègues (amibiase, infection urinaire, péricardite, abcès et autres joyeusetés – Merci à Tony pour ses conseils de médecin généraliste avisé par correspondance). Ça me fait tout bizarre de me remettre à soigner des gens après 3 ans passés dans les labos!

Tout ce travail pratique est bien évidemment agrémenté d'une solide dose de travail administratif, indispensable dans une ONG, pour communiquer à l'intérieur d'une équipe qui change souvent, pour informer les partenaires en France, et pour justifier notre travail vis-à-vis des bailleurs.
En gros, je ne me tourne pas les pouces! Le premier mois, j'ai surtout récupéré les activités en cours, rencontré les partenaires -entrevues et salamaleks à gogo-, bref j'ai cherché et trouvé mes marques. Ces derniers temps, c'est le protocole d'analyse des coprocultures et la préparation de la visite éclair des partenaires de l'université de Lyon qui m'ont beaucoup occupés. Et puis ces derniers jours, vous avez peut-être appris que le roi Zaher Shah vient de passer l'arme à gauche. Là-dessus, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. Ça nous a bien ralenti dans ce qu'on devait faire: là-dessus les formations et entrevues qu'on avait prévues avec les visiteurs de Lyon tombent à l'eau. D'un côté, ça me permet de relâcher un peu la pression, mais d'un autre côté, ça ne fait que retarder les activités qui auraient dues être réglées avant le départ des Lyonnais.


Sinon, la vie à Kabul est pour l'instant assez tranquille. Au niveau sécurité, ça se stabilise... C'est pas non plus un club de vacances, mais pas de gros stress dernièrement...
Ça va vous paraître bizarre, mais la capture des Allemands et des Sud Coréens nous a assez peu affectés étant donné que les conditions dans lesquelles ils ont été enlevés n'ont rien de commun avec nos propres activités. Et puis, on espère que les tensions vont se relâcher suite aux évènements au Pakistan, qui devraient détourner l'attention des méchants Talibans et laisser la possibilité aux forces gouvernementales et internationales d'asseoir leurs positions dans le Sud et dans l'Est.

Kabul en soi ressemble à beaucoup de villes en pays en voie de développement. Petites nuances ici: les buildings commerciaux et autres wedding-halls style pakistanais -tape à l'oeil avec plein de vitres aux reflets métallisés, c'est kitsch-, le peu de femmes dans les rues et la poussière particulièrement présente.
On sent par ailleurs que c'est un pays qui cherche à se reconstruire. Les fonds et autres dons en provenance de l'étranger affluent, alimentant parfois la corruption mais provoquant parfois d'étranges situations plutôt cocasses. Par exemple, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir dans la bibliothèque de l'hôpital d'Ali Abad –un des deux hôpitaux dans lequel je travaille- un don de livres en provenance de Californie dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'était pas toujours adapté à un hôpital et où les redondances sont foisons. Citons, entre autres, onze exemplaires d'"Anatomy and Physiology" –tous intacts, vu que personne ne met jamais les pieds dans cette bibliothèque-, neuf de "Introduction to Psychology", quinze de "Physical science" et même deux de "Life of North American birds" et quatre de "North American recipes"!!!


Et pour ceux qui s'inquiètent pour mon alcoolémie, qu'ils se rassurent, il n'y a pas que d'étranges mariages au rayon activités vespérales et on s'éthylise régulièrement le we. Ce jeudi soir, particulièrement, on a battu des records. Ça a commencé par une histoire belge: on a fêté le 21 juillet (fête nationale belge) cinq jours en retard parce que, comme l'a si bien dit Pieter, notre fier représentant diplomatique à Kabul, les soldats du contingent belge en Afgha avaient déjà bloqué la date et leur pouvoir de persuasion est plus important que le sien. Ce fut l'occasion pour moi de renouer des liens avec Jupiler, Leffe, Hoegarden, mais aussi fromages flamands, jambon d'Ardennes et Pierre Marcolini!! Ce fut l'occasion surtout pour les compatriotes d'exprimer leur belgitude, Pieter en premier lieu puisque, plutôt que passer sa soirée à tenir le crachoir à des diplomates de tous poils, il a préféré jouer du synthé avec son petit groupe de musique de Kabul. Après avoir vidé le bar tant qu'on pouvait, on est rentrés à la maison, où on avait organisé une soirée pour le départ d'Annabel, une collègue d'AMI. Thème: "Jungle". J'avais fait faire une chemise à fleurs bien flash juste pour l'occasion. Il y avait bien une centaine d'invités. Le groupe de musique de Pieter, Alex et co. (+guest diva Annabel) a joué quelques bons morceaux avant que le voisin n'exprime son aversion pour la musique occidentale. Il avait pourtant fière allure, notre représentant diplomatique pianiste avec son boa à plumes vert!! Après le petit concert, cela ne vous surprendra sans doute pas, on a dansé, bu et chanté toute la nuit. C'est peut-être pas la même ambiance qu'à un cochon à la broche chez Vincent, mais ça vaut son pesant de délire quand même!!! Le plus difficile est d'être obligé d'ingurgiter de la bière australienne, française ou pire, allemande… voire du whisky qui a à peu près le même goût que la vodka. Heureusement que jeudi Pieter avait ramené un casier de Leffe brune, du bonheur!! Moralité: profitez bien de ces soirées où la bonne bière belge et l'alcool de qualité coulent à gogo, parce que la bonne picole, c'est comme le papier cul: c'est quand tu en as plus que tu es emmerdé!!!!!


Et puis, mes rayons de soleil à moi, ce sont vos joies à vous, vos innombrables courriels, vos récits d'aventures -les coups de gueule et les coups de cœur de Babeth au Yémen, l'équipée d'Armelle autour du Mont Blanc, les tribulations d'Audrey et Geoffrey en Thaïlande, les anecdotes de Sophie et Philippe à Mayotte, les updates des rôlistes, les rencontres au sommet des ITGistes et affiliés qui sont en Europe et les récits solitaires de ceux qui sont en mission- et les exceptionnelles nouvelles comme les naissances de Timée, de Joachim, de la gamine de Cricri, de Maiwen, celle à venir de Kévin-Edouard, ou encore le mariage d'Eleonora et Luca!

Que du bonheur!

Bizzzzzzzzz,
Th

dimanche 22 juillet 2007




Coucou mes petits chéris,

Tout d’abord mes voeux de bonheur à Lucas et Eleonora.
J’espère que certains d’entre vous ont pu aller fêter ce mariage avec eux et je suis sûre que vous avez passé de merveilleux moments ensemble. (Eh non, moi je n’ai pas pu venir, - répondant au message de Fabrice : ce n’était pas mon anniversaire mais la fête nationale belge ! … et l’anniversaire de ma maman et je peux vous dire qu’elle n’est pas de caractère à autoriser ses filles à être ailleurs ce jour-là).

Et puis des excuses à Karine à qui j’avais promis de faire rapport immédiat de notre rencontre à Bruxelles mardi dernier.

Pour ceux qui croient la vallée du Kashmir en Asie, eh bien non : elle se trouve en plein cœur de Bruxelles. Certains de vous l’avaient déjà visité ; pour moi c’était une nouvelle découverte. Nous remercions Asia et sa famille pour leur accueil chaleureux dans ce lieu où l’on se croit un moment ‘autre part’. Une adresse idéale (à côté de l’IMT, of course !) que nous aimerions beaucoup bâptiser comme point de rencontre pour les membres gazettos en manque de retrouvailles.

Après un long apéritif entre Asia, Séverine, Armelle, Hilde et moi, Karine est ‘enfin’ arrivée avec toute une délégation lilloise. Fabrice ! si tu n’avais pas commencé cette gazette, et Lucas et Thomas ! si vous n’aviez pas installé le blog, nous n’aurions jamais pu garder ce lien si spécial entre nous. Preuve en est que tout le monde veut en faire partie : les candidats-membres viennent déjà de Lille juste pour un soir, juste pour un dîner, pour pouvoir goûter de l’ambiance de le promotion 2007. C’était une joyeuse soirée pleine de nouvelles histoires et beaucoup de rires. Une soirée trop courte enfin, avec les adieux à Asia partant à Manchester, et les adieux à cette bande super sympa de Lille. Rentrant à Anvers, Hilde et moi n’avons pas arrêté de reparler de l’agréable soir, des bons souvenirs et de vous tous déjà éparpillés à travers le monde avec vos nouvelles vies.

Et oui, la vie continue. Hilde et moi allons prendre quelques semaines de congé pour revenir les batteries rechargées et organiser les derniers préparatifs pour l’arrivée de la nouvelle troupe qui sera bien plus grande que la vôtre. Que dirais-je : merci pour toute la promotion que vous faites.

Mais mes pensées restent avec vous. Mon cœur bat plus vite en lisant vos messages et j’espère qu’ils continuent à venir.

Gros bisous,
Titania

jeudi 19 juillet 2007

Trouver les mots...

Pas toujours simple de trouver les mots.

Trouver les mots pour dire à ceux qui ne savent pas.
Trouver les mots pour exprimer le choc, la sidération qui s'en suit et dont on sort peu à peu.
Trouver les mots pour rassurer son entourage.
Trouver les mots pour soi, pour comprendre l'inexplicable.
Trouver les mots pour exprimer la perte.
Trouver les mots pour la famille et les amis d'Elsa.
Trouver les mots pour soulager une peine incommensurable.
Trouver les mots pour dire merci à tous ceux qui ont envoyé des messages de soutien qui furent si précieux.
Trouver les mots pour ne pas trahir le souvenir d'une jeune femme exceptionnelle qui n'aurait pas du partir si brutalement.
Trouver les mots pour mettre de l'ordre dans toute cette confusion qui en découle.


Voilà,
comme vous l'avez lu dans les communiqués de presse de MSF, Elsa, 26 ans, première mission, notre logisticienne, a été tuée par balle le 11 juin 2007, alors qu'elle effectuait une mission exploratoire dans le nord ouest de la RCA.
Partie le dimanche matin de fort bonne humeur avec un chauffeur de Bangui et notre nouvelle responsable terrain, nous avons appris le lundi après midi qu'elle ne reviendrait plus.
A partir de cet instant tragique, trouver les mots ne fut plus simple.

Et comprendre non plus.

Comprendre ce qui a permis à cet accident de se produire.
Comprendre si on aurait pu faire quelque chose pour l'éviter.
Comprendre où sont nos responsabilités.
Comprendre ce qu'est un contexte de guerre.
Comprendre qu'il est si difficile d'évaluer l'insécurité dans ces contextes de conflits.
Comprendre qu'il est si difficile d'évoluer dans ces contextes d'insécurité.
Comprendre que malgré la connaissance des risques nous n'étions pas préparé à un tel évènement.
Comprendre qu'un joli tee-shirt blanc avec un beau logo rouge n'est pas à un bouclier contre les balles, n'est pas un bouclier contre la bêtise, n'est pas un bouclier dans des contextes si labiles où les armes chargées sont partout, dans toutes les mains.
Comprendre que la qualité de notre travail et de nos contacts ne garantissent pas à 100% notre sécurité.
Comprendre qu'Elsa ne reviendra plus.


Comment continuer à travailler à Paoua après ça?
Comment abandonner l'hôpital, l'équipe, les patients et la population?
Comment repartir en mission, dans quel délai, dans quel contexte?


Nous avons répondu aux deux premières questions en équipe, avec l'équipe de Paris descendue en renfort.
Le choc était trop violent, toute l'équipe expat de Paoua était en état de choc, (PTSD, appelez le comme vous voulez), pour pouvoir (savoir?) continuer à travailler sur Paoua. Nos cerveaux ne fonctionnaient plus correctement, et l'activité de l'hôpital nécessitait plus d'energie que nous étions alors capables d'en fournir.
La décision a donc été très vite prise de nous remplacer et de nous faire rentrer tous ensemble sur Paris, ce que nous avons fait à peine 10 jours après le meurtre d'Elsa.
Dans l'intervalle nous avons pu faire un peu de tri dans nos affaires, et laisser derrière nous quelques transmissions rapides à nos remplaçants.

Il a été alors très réconfortant de voir arriver des personnes motivées, experimentées pour reprendre les activités, continuer le travail avec l'équipe nationale qui elle aussi était très éprouvée. En attendant les résultats des évaluations des équipes sur le terrain, en capitale et meme sur Paris, les activités ont donc été maintenues sur l'hôpital, les activités mobiles ont été interrompues le temps d'y voir plus clair sur le contexte et l'espace humanitaire que nous laisse, ou pas, les différentes parties au conflit.


Mais pour répondre à une question qui m'a été posée plusieurs fois, non je ne repars pas à Paoua. Mon retour en France n'est pas une simple pause avant de repartir.

Mon cerveau est encore très confus, plus d'un mois après le retour.
Et si j'envisage aujourd'hui encore de travailler avec MSF dans le futur, et aussi dans des contextes d'insécurité, j'ai besoin de prendre du recul, et de laisser souffler un peu ma famille qui a également était secouée.


Je ne peux par contre pas faire un trait sur cette activité humanitaire.
Peut être encore moins aujourd'hui qu'hier.
Si notre activité est une goutte d'eau dans cette mer de guerre et de corruption (remember JP), on ne peut pas la dénigrer.
Il est des fenetres sur le monde que quand on les a ouvertes on peut plus les refermer... c'est pas tous les tropicalistes que vous etes qui me diront le contraire...
Nous ne sommes pas des martyrs de l'humanitaire, je ne me suis jamais connu de velléités héroïques ou quoi que ce soit du genre, mais la peur ne doit pas être un frein.

J'ai envie de grandir encore.
J'ai envie de comprendre ce monde qui nous entoure.
Je sais que je n'y arriverai jamais. Je ne comprendrai jamais ce qui conduit les hommes à ces conflits sanglants. Mais aller sur place, témoigner notre interêt, notre solidarité (We do care!), tenter de soulager quelques souffrances de cette population civile victime de conflits qui ne l'interressent pas toujours... tout ça a un sens.

La première mission d'Elsa avait un sens.




Voilà,

j'espère que je n'effraie personne avec ce trop long texte.
j'espere que derrière ces mots confus vous percevrez le sens.
Je vais bien aujourd'hui. Je ne suis pas aussi vrillée que ce message pourrait le faire croire.
Mais tout ca fait cogiter un peu.

Voir Maïwen entourée de ses jeunes parents éblouis est un plaisir immense.

Et j'ai plein de projets réjouissants pour l'été.

Je présente mes excuses à tous ceux qui m'ont envoyé des messages et à qui je n'ai pas répondu. Merci Sylvaine, Babeth, Thomas, Luca, Mélissa, Didier, et tous les autres.
Tous vos messages ont été importants pour moi.

Longue vie à ce super blog,
et tous en Ombrie dimanche!!!!!
Spéciale dédicace pour Luca et Eléonora!

Des bisous!

Clotilde.

Une étoile est née... il y a déjà un mois et demi!

Elle s'appelle Maïwen, doux prénom breton.

Elle est magnifique, ses parents ne mentaient pas!!
Déjà une sacré personnalité, on sait bien d'où elle vient...

Ses parents tardant un peu à la présenter au reste du monde, deux paparazzo franco-italien sont allés voler quelques images. Les voilà en exclusivité mondiale pour les tropical bloggers all over the world!



Déjà le poing levé!






N'oublions pas qu'elle a passé ses premiers mois de vie intra utérine dans un environnement chaleureux et surtout engagé, bercée qu'elle était par le discours de JP, elle sait que si le monde est aujourd'hui corrompu il faut garder espoir et qu'avec ses parents elle le rendra meilleur un jour...






En attendant cette petite a déjà conquis le coeur d'un grand médecin italien...
Ca lui donnerait pas des idées à notre jeune marié?

En tout cas, FELICITATIONS à la famille Genet!

Tout le post grade j'en suis sûre se joint à moi pour souhaiter une longue et heureuse vie à la petite Maïwen et à ses parents!

Une jolie petite famille comme la votre nous réchauffe le coeur!

Plein de bisous, à très bientôt,

Clotilde.

vendredi 13 juillet 2007

Batangafo

Salut,

je vous écrit autre fois de Centrafrique, malheureusement je peux pas vous
lire à ce moment. Les dernières trois semaines je travaille à l'hôpital de
Batangafo, le service de pédiatrie pour être plus spécifique. Trop de
maladies connues théoriquement que je vois ici en pratique. Et en plus, un
grand problème de médecine traditionnelle, difficile à combattre. Mais après
le début difficile je commence à me sentir à l'aise avec les pathologies
tropicales.

Il semble que je vais encore rester quelque temps ici, pour recommencer les
cliniques mobiles la situation sécuritaire ne le permet pas encore : l'
armée, surtout les Tchadiens en support en effet, ont commencé un offensif
contre les rebelles, et de l'autre côté il y a de coupeurs de route qui
empêchent des mouvements. Et naturellement, l'armée n'est pas intéressé en
chasser les bandits qui terrorisent la populations, non, ils attaquent les
rebelles d'abord. Mais, au moment (on regarde pas plus loin que demain) que
la situation le permet, je reviens pour les cliniques mobiles. Alors, il y a
encore toujours une vacation pour un/une médecin, préféré avec des
compétences chirurgicales.

Du reste, il commence à pleuvoir plus (c'est la saison des pluies), mais pas
encore aussi comme à Belgique. Et hier, dans le match local de football, j'
ai défendu l'honneur de l'équipe, de MSF, et de Belgique, mais malgré ça on
a perdu.

Je suis curieux de vous lire, mais ça va encore devoir attendre jusque je
suis de retour à Bangui, la capitale provincialiste mais avec connexion
internet. Jusque lors je vous souhaite tous un bon séjour dans toutes les
coins du monde et au revoir.

Paul

mercredi 11 juillet 2007

Looking for 2 expat project manager in Eastern Region (Afghanistan)

Dear all,

AMI is still looking for 2 international project managers (1 year minimum, starting asap) for its health programs in Laghman and Kunar.

Afghanistan is not the sexiest destination for the summer, and latest headlines in the news do not contribute to attract the "perle rare".

If i'm taking the liberty to post this message, it's because i would be grateful if you could speak about those job announcements to your network: people currently working in Afghanistan, people that have worked in Afghanistan, people that are fascinated by Afghanistan... you picture it, right ?

I would love to say that AMI will pay a big reward for this head hunting, but no, that's not the deal. It's just a in-kind contribution to prevent our too-early-burn-out.

To get the job description, just send me an email: kabul (dot) labo (at)amifrance(dot) org

Many thanks to all of you for that,

Th

mardi 10 juillet 2007

Hi, Dear Citizen of Kindiland and Froggy Tropicalists !

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To those who are suffering under the rain and / or on dangerous fields, we wanted to send sunny girly smiles from my Ch'ti place.
You can recognize Bertie - soon in Thailand -, Asia - soon in Manchester -, Séverine - back from Ghana - and I. Let me introduce to you Hélène, who is Medical Student, doing her Internship in Internal Medicine and Infectious Diseases in Lille. We shared a lunch in Lille last sunday...we shared some drinks with a warm "Santé !" "Nasdrovié !" "Skaul !" "Prost !" "Karibu !" and with friendly supporting thoughts for you all around the world!
This sunday "meeting" was not really well and at last minute organized, I apologize... but we are planning a diner at Asia's parent's restaurant, "La Vallée du Kashmir" in Brussels on Tuesday, 17th : you are welcome, just confirm your presence on Asia's email !

I'm sending to you other girly smiling faces ... not really tropical and usually completely overbooked but always keeping a good mood... and with some imagination to make daily life really pleasant : here below are my colleagues in Lille's University Hospital, infectious diseases ward. The girl who is playing a kind of Kung Fu with 2 mobile phones is Karine, my Chief. The girl with the book is Sandy : she is from Maurice's Island and also doing her internship in Internal Medicine. We are the "Guery's Angels" : our head of ward, Professor Guery, the poor lonesome "male" in our team, is also a blues-rock guitarist and singer... and we call him all together "Hello Charlie !" on phone when he is far and we have to ask some advices...or when we are harassed by the crazy occidental administration.




I wish to the Lovebirds a wonderful wedding ceremony in Italy next WE.

You, who are on the Fields : please, keep safe and take care of yourselves !

Til soon,
Big Hug,

K. your faithful Ch'ti Minister of Information, Circus and Com'Unity.

lundi 9 juillet 2007

La dangereuse et difficile vie de Kabul - The dangerous and hard life in Kabul

Vous vous en doutez, nous vivons des évènements très durs ici. La preuve en images.
Tout d'abord nous affrontons des intempéries qui mettent régulièrement les égouts de la ville et les nerfs de leurs habitants à l'épreuve . Il faut dire que quand il drache à Kabul, c'est pas juste pour arroser les plantes.

You can imagine how life is difficult here. Those pictures will prove it.
First, we have to face heavy rain that challenge drains of the city and nerves of the inhabitants. Let's say that it do not only water s plants.


Alors après, il y a de l'eau partout dans les rues, ce qui modifie profondément les activités en cours. Ici, vous pouvez voir les employés du bureau de l'AMI qui sont obligés de faire des bateaux en papier pour faire suivre le courrier. Sans déconner, c'est un peu pénible parce qu'on ne circule pas aussi facilement que d'habitude, que ça a tendance à interrompre l'approvisionnement électrique et que, disons-le, les égouts qui débordent, ça pue, mais ça reste de l'ordre du vivable; rien à voir avec ce que les habitants de l'est du pays et du Pakistan ont connu ces dernières semaines. Et puis, pour l'instant il fait plutôt douf (comme on dit chez nous)!

Thereafter, water invades streets and modifies deeply our activities. You can see here AMI office's employees obliged to make paper boats to send mail. I'm joking, but it's quite boring because it impedes travelling by car, because it cuts down electric supply and because overflow of drains stinks, but we can cope with; no comparison with what people in the east of Afghanistan and in Pakistan faced last weeks. And now, the sun is shining a little bit too much...


Ensuite, on ne se rend pas compte comment faire du football, ça peut être dangereux. A côté de ça, les kamikazes ont l'air d'animateurs de rue. Vendredi dernier, je me suis mangé la barre transversale des buts en plein crâne. Résultat: une visite à l'hôpital du coin, comme patient cette fois, et 5 points de suture. Pas triste: le bonhomme voulait me perfuser sous prétexte que j'avais perdu du sang. "C'est n'importe quoi!", lui dis-je, "Vous n'avez même pas pris ma tension." -"C'est vrai, vous avez raison.", dis-t'y l'autre. Il a quand même réussi, malgré mes arguments démontrant que c'était irrationnel, à me faire une prescription pour un CT-scan et de l'Augmentin. Je n'ai suivi ni l'une ni l'autre. Ici, plus encore qu'ailleurs, les médecins font de mauvais patients!
Alors le lendemain, pour me consoler –et surtout parce que ça faisait une semaine qu'on y pensait-, Annabel (ma collègue "santé communautaire") et moi, on s'est fabriqué des hamacs dans la cour de la guest house. Trop dure la vie à Kabul!!

Moreover, you cannot imagine how football is dangerous. Compared to that, suicide bombers look like pompom girls. On last Friday, I hit the goal bar with my head. As a result, I visited the nearest hospital, for the first time as a patient, and they stitched me. A great story: the guy wanted to give me fluids just because I lost blood. "Are you nuts?", I said, "You didn't even measured my blood pressure."-"You're reason.", said simply the guy. He also insisted, despite my arguments demonstrating that it was useless, for prescribing me a CT-scan and amoxi-clav. I didn't do nor the CT, neither I took antibiotics. Here, more than elsewhere, MDs are bad patients!
So, the day after, to wipe my tears –and mostly because we wanted to do it since a week-, Annabel (my "community based health care" colleague) and I made hammocks in the garden of the guest house. How hard, life in Kabul!!!

Enfin, on s'est fait un de ces we pas piqués des hannetons dans la province de Bamyan, vous savez là ou les talebs ont explosé, en 2001, des bouddhas millénaires taillés dans la falaise. Et bien, à défaut de pouvoir offrir à la vue des touristes ces fameuses statues –qui sont en reconstruction-, la province offre bien d'autres beautés, naturelles. On passe sans transition de paysages lunaires aux causses du Larzac, à une vallée alpine, aux canyons américains, en passant par d'autres profils géographiques qui n'existent peut-être que là et qui dans tous les cas vous coupent le souffle, jusqu'à -splendeur parmi les splendeurs- la vallée de Bandyamir, suspendue dans des plateaux à 3000m d'altitude et qui recèle en son val une succession de lacs d'un bleu turquoise qu'on croirait surgis d'un lagon polynésien. Une belle photo valant mieux qu'un bête discours, je vous laisse admirer:


Last but not least, we have left last week-end to Bamyan province, the place where talebans bombed in 2001 millenary-aged Buddha's sculpted in the cliff. Of course we couldn't admire those buddha's –even if there are being rebuild- but the nature of the province has other splendours to show to tourists. You go from moon-like landscapes to Larzac-shaped ones, to a Swiss valley, or to American canyons, crossing through other weird but always breathtaking panoramas, until the eighth wonder of the world: the Bandyamir valley, located at 3000m of altitude and in which you find deep blue lakes looking like lagoons! Enjoy the sight:


Je vous embrasse tous bien fort –et surtout Clo qui est maintenant rentrée à Paris et doit retomber bien durement sur la réalité. Bizzzzzzzzzzzz

Free hugs to everyone of you.

Thomas

dimanche 8 juillet 2007

From Kacheliba, votre délégué vous parle...

Bande de petits malins, c'est votre délégué qui vous parle, de fort fort loin, d'une contrée oubliée des capitales africaines, d'un vaste territoire peuplé de fiers guerriers d'où je compte bien émerger quelques heures durant pour vous retrouver au mariage de notre ami à tous avec sa chère et tendre Elé.
Je compte donc sur vous pour dépasser vos petits conflits intérieurs, faux-semblants et excuses inacceptables pour faire de ce dimanche 22 juillet un moment à part dans l'histoire du Postgrade, de l'Italie et de la paix dans le monde. Pour ma part, je vais faire un voyage de plusieurs milliers de kilomètres dans l'unique but de revoir Clotilde, euh, pardon, dans l'unique but de me joindre à cette cérémonie italienne que je compte bien passer en votre excellente compagnie. Par conséquent, aucun retard ne sera toléré et seule une excuse de type "Yémen" ou "Afghanistan" voire "Ethiopie"
(bien que ce soit beaucoup plus près de l'Italie que le Kenya) pourra être acceptée par les instances autocratiques du gouvernement du Postgrade.
Donc n'est pas considéré comme valable:
- BB trop petit ("Qui voyage tôt vayagera longtemps" St-Exupery)
- Jai mon anniversaire (Pourquoi dans ce cas ne pas le fêter avec tes vrais amis, nous?)
- C'est trop loin (Vraiment? Plus loin que Kacheliba? no, no, no!!)
- Mon BB n'est pas né (justement, il faut secouer un peu sa tendre épouse, c'est bon pour la maturation du col du fémur et le vin italien est un excellent relaxant pour papa stressé)
- Je parle pas bien l'italien (moi non plus, dove la luce?)
- J'ai pas envie de recevoir le bouquet de la mariée (Clotilde? Mais, je croyais que toi au moins tu serais solidaire..)

Donc on se voit TOUS le 22 juillet en Itlalie, là-bas où tout est neuf et tout est sauvage, libre continent sans grillage..

Des bisous à vous tous, petits post-gradiens, je vous raconterai le Kala Azar, formation aux ponctions de rate, tout ça, mais seulement si vous venez, est-ce bien clair?
I'm sure..

See you there

Fab

Bonjour du prof.

Bonjour,
C'est avec un immense plaisir que j'ai découvert votre gazette tropicale. Finalement un forum pour échanger des idées et des expériences. Peut-être un jour cette gazette pourra fournir assez de matière pour écrire un deuxième papa Mité.
De toute façon je vous félicite, et je lirai de temps à autre vos histoires.
prof Jef.

dimanche 1 juillet 2007

The show must go on!

Eh oui, malgré les assassinats atroces en RDC et les attentats
aveugles en Afgha, les Kabuli continuent à vivre, à croquer dans la
joie à leur façon, non pas comme si de rien n'était, mais avec
sincérité tout de même. L'autre jour, le lendemain à peine de
l'attentat contre un bus de policiers qui a fait 32 morts -si ma
mémoire est bonne-, j'ai été invité au mariage du frère d'un des
techniciens de laboratoire de Kabul. Autant dire que un parfait
inconnu pour moi, mais ça ne choque personne ici: quand on invite
pour une noce, on reçoit au moins qques centaines de convives. Dans
des gigantesques salles décorées d'un goût plus que douteux, les
femmes étant soigneusement séparées des hommes par un grand paravent.
Du grand kitsch, en tout cas! Au plafond, de grands lustres en
plastique doré diffusant une lumière rouge se disputent avec des
néons verts; aux murs, un peintre d'un courant artistique très local
a représenté un vallée montagnarde d'où une nuée d'oiseaux figurés
par de simples V prend son envol et, près de la porte, une femme qui
danse près d'une bougie, dans des teintes sepia -image romantique, je
suppose; les chaises, dépareillées et parfois mal ajustées à la
hauteur de la table, sont couvertes de housses d'un blanc maculé par
les prédécesseurs et dont l'effilochage s'assortit bien avec les
nappes, à peine surfilées mais surtout couvertes, à l'heure du repas,
de feuilles en plastique jaune transparent, bien utile lorsque les
garçons de salle y jettent en vrac les plats -repas et desserts en
même temps- et une pile d'assiettes et de couverts. Servez-vous et
n'ayez pas peur d'en foutre partout, on a l'habitude!
Mes voisins de table n'arrêtaient pas de me reservir -trop gentil, je
venais de manger un bout- et j'ai cru que j'allais vomir lorsque mon
collègue a insisté pour que je goûte de cette gélatine rose bonbon et
insipide qui s'agitait depuis le début du repas devant mes yeux se
demandant si la chose était vivante. Heureusement, ces gens ont le
bon goût de vous faire passer au salon pour la digestion, où certains
fument mais où l'on ne trouve pas de cendrier. L'attention des
convives n'est pas là, mais plutôt sur l'écran géant qui diffuse le
dernier épisode de la série télé culte kabouli, des "feux de l'amour"
indiens doublés en dari par des acteurs improvisés. Le Dr Malhyar,
mon collègue afghan, me laisse poireauter pendant sa prière vespérale
et je me met à scruter les autres invités. Le grand show!: ça va du
costume trois pièces au t-shirt de foot rouge-casquette militaire, en
passant par la traditionnelle shawar kamiz. Folklorique!
Enfin, on remonte pour le thé et la soirée dansante. On s'attable
pendant qu'un petit groupe de musique joue des rythmes locaux
bizarrement assaisonnés à la sauce électro. Le bassiste a franchement
l'air de se faire chier en écoutant son chanteur faire une
démonstration de la variété de sons étranges que son synthétiseur est
capable d'émettre, pendant que le batteur fait monter les enchères du
mauvais goût en abusant des effets spéciaux de sa batterie
électrique. Du pur bonheur! Quelques tables mises de côté délimitent
la piste de danse où quelques jeunes exhibent leurs talents en
rigolant pendant que l'assemblée frappe des mains en rythme. Ils sont
tout de même doués, les bougres! C'est même très joli... Je
n'arriverais pas à leur cheville et crains qu'on ne m'invite à les
rejoindre, ce qui ne se fait pas attendre bien entendu. La réticence
de mes collègues à s'y lancer eux-même me fait hésiter: je ne tiens
pas à mettre en péril mon semblant d'autorité en me ridiculisant à
côté de ces fiers danseurs. Pour finir, aucun d'entre nous ne dansera
et sur le coup de 22h30, on met les bouts. Je n'aurai pas eu
l'occasion de féliciter le marié, encore moins la mariée bien-sûr. Je
ne les ai pas vus du tout, d'ailleurs. Pas vu de femme, non plus.
Bref, le plus étrange mariage auquel il m'ait été donné l'occasion
d'assister et certainement une expérience culturelle aussi riche que
le repas qu'on y a servi!!!
Bizzzzzzzzzz,
Th