dimanche 27 juillet 2008

Y'a plus de saisons

J'en étais où, moi? Ah oui, l'hiver. Ce n'est plus du tout d'actualité, mais je vous avais promis de vous raconter l'hiver. En Afghanistan, l'hiver dure 40 jours. Seulement? Attendez de voir…

Extrait de citations de moi (plus ou moins imaginaires, mais pas très loin de la vérité):
- 15 novembre: Alex, t'as vu, y'a Ashmad qui a mis une grosse veste en mouton retourné. Quels frileux, ces Afghans!
- 30 novembre: Eh, les filles, si vous avez trop froid la nuit, z'avez qu'à appeler Super Bouillotte Man! J'ai des calories à revendre…
- 5 décembre: Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour installer les bukharis* au bureau? Tu comprends, la nuit, ça va, mais la journée immobile derrière mon ordi…
*Bukhari: pour ceux qui avaient oublié, ce sont ces poêles en tôle. A Kaboul, la plupart fonctionnent au pétrole. De fabrication maison et de maniement délicat, il n'est pas rare qu'un de ces objets explose… Pour souvent plus de peur que de mal.

- 8 décembre: Ashmad, t'as trouvé où, ta veste en mouton retourné?
- 10 décembre: Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour installer les bukharis à la maison?
- 15 décembre: Pourquoi c'est moi qui ai un bukhari tout pourri dans ma chambre? Il s'éteint tout seul, fait de la fumée et sent le pétrole: que les inconvénients sans les avantages!!!
- 20 décembre: Brrrrrrr
- 21 décembre: Glaglagla… -7°C… On va jamais tenir…
- 25 décembre: Pour Noël, ils auraient pu réparer mon bukhari.
- 28 décembre: Senad, pendant ma visite sur le terrain, tu peux demander à Kaka* Issa de jeter un coup d'œil sur mon bukhari, stp?
*Kaka: ne désigne pas un joueur de foot ni le sujet d'étude favori des biologistes, mais l'oncle paternel. Par extension, toute personne du sexe masculin qui a l'âge d'être ton oncle.

- 3 janvier: Kaka Issa, est-ce que tu peux jeter un coup d'œil sur mon bukhari, stp?
- 4 janvier: Kaka Issa, pour ce soir, ce p***n de bukhari doit être fonctionnel!!!!
- 5 janvier: Qu'est-ce que j'en ai à foutre de tes histoires de vent dominant qui fait de la fumée et éteint le bukhari. Mets-moi un chauffage à gaz, à électricité, n'importe quoi… ta belle-mère… m'en fous!
- 6 janvier: Glaglagla x10e4… Ton chauffage au gaz, il fuit. J'ai dû ouvrir la fenêtre cette nuit.
- 8 janvier: Celui-là aussi.
- 12 janvier: Audrey, si t'es en vacances, je peux prendre ta chambre?
- 12 janvier, au soir: Mmmmmmmmmh… Une vraie nuit au chaud…
- 20 janvier: Ca a été tes vacances? (…) Si, si, je suis super content de te revoir…
- 21 janvier: -27°C? T'es sûr? Sans le facteur vent????
- 22 janvier: Je déménage à la cave… J'en peux plus…
- 23 janvier: Ah, quelle nuit fantastique! Dans la cave, il fait plus de 5°C, c'est vraiment trop le pied!
- 1 février: Tiens, la neige fond…
- 15 février: Ah bon, vous avez éteint les bukharis?
- 1 mars: M'en fous d'avoir emménagé si tard à la cave. Pendant l'été, ça me tiendra au frais!!!!!!!
- 15 mars: Une soirée à thème? Les superhéros! Je fais SuperBouillotteMan.

Et voilà, fin décembre jusque début février. Quarante jours, le compte est bon. C'est peut-être pas le Canada, mais ça se défend bien. Et nous ne sommes pas à plaindre. Les morts se comptent par centaines dans certaines zones.
Quelques photos pour vous rafraîchir, sauf ceux qui traînent du côté de la Patagonie (si, si, il y en a).



Suite des news (en résumé, je vais quand même pas vous tartiner 6 mois d'anecdotes):

Le printemps est ensuite revenu. Pas un printemps interminable et gastéropodesque comme à Namur, non. Beaucoup plus rapide. Soudainement, tu te retournes et un arbre, qui était en bourgeons l'instant précédent, est en fleurs. L'oiseau qui y dormait se met à gazouiller. Subitement, les champs de cailloux ocres verdissent photos. Mais malheureusement, les jupes des filles ne raccourcissent pas.




Pour pallier à ce manque, petit break en Thaïlande. Temples bouddhistes, soleil, plages et crustacés. Quand j'en ai eu crust'assez, je suis rentré auprès de mes petits laborantins qui m'attendaient de pied ferme pour une formation au titre alléchant: la bactériologie des pus.

Aux alentours de mai, vient l'été. La chaleur nous tient éveillés la nuit, mais les burqas sont toujours aussi peu sexy. Les champs de cailloux rebrunissent en même temps que la peau des expats. Les rivières s'assèchent, les gorges s'assèchent et les chaussettes de l'archiduchesse, ça sèche.
Le mois dernier, pour éviter les grosses chaleurs, je suis parti me réfugier où la pluie est garantie: Malonne-plage. Document unique: l'aquarium d'Anvers.

Après m'être soigneusement douché sous les cieux belges, me voilà de retour à Kaboul. Pour que vous soyez pleinement conscients de mes conditions de travail difficiles, il suffit de jeter un coup d'œil sur le trombinoscope de mes collègues expatriés pour savoir que ce sont tous des tueurs en série! Au secouuuuuuuuuuurs!!!

Sinon, je vais bien, merci! :-)

Suite au prochain épisode…
Thomas

4 commentaires:

Didier a dit…

Tiens chez moi c'est l'hiver maintenant et il fait 25 degrés de moyenne, il est bizarre le pays où tu vis...

Grosses baises mon cochon

gazette a dit…

Mets un pull pour sortir...

Th

Unknown a dit…

Quel talent d'écrivain! Je n'aurai pas eu la chance de t'apercevoir (ou de t'entrevoir) cette fois... Bon courage pour la suite et prends bien soin de toi et des autres. Anne K

Paul a dit…

Hé dis-donc... Tu sais ce qu'ils te disent les tueurs en série? Tu vas crever, salaud! héhéhé