Le père Noël est en retard mais il est quand même venu en Angola... C'est qu'il fait chaud, il a donc dû troquer ses rennes non adaptées aux routes luandaises pour des "palancas negras" plus locales (ce sont des antilopes noires qu'on ne trouve qu'en angola, c'est d'ailleurs un des symboles du pays: petite leçon de zoologie).
Voici quelques nouvelles du périple angolais. Après 1 mois et demi de recherche de boulot, j'ai trouvé un travail tout à fait intéressant dans les favelas de Luanda (appelé ici musseque, ce qui veut dire "où il y a du sable"). A l'hôpital divinia providencia s'il vous plaît. Je travaille donc, avec un autre médecin, dans la section HIV (consult et hospit) où le sage apprentissage de l'IMT est bien utile.
L'hôpital est semi-public avec des fonds italiens (universitaire et mission catholique), Luca, j'ai suivi tes conseils... Il est bien équipé avec un beau labo, une bonne fourniture de médicaments en tout genre mais il manque cruellement de sang et nous n'avons pas de culture bactério (Thomas, je suis ton plus grand supporter). On peut cependant faire une médecine honnête malgré des décès par faute de moyens qui sont toujours vraiment difficiles à encaisser. C'est donc un boulot fort intéressant que le domaine du HIV, surtout quand on a des ARV à disposition.
Sinon pour me rendre à l'hôpital je fais 2-3 h de route tous les jours pour cause d'embouteillages (c'est terrifiant dans cette ville) et de routes dégradées, et les pluies arrivent seulement. Ces trajets permettent cependant d'approcher la vie réelle des musseques, le manque d'eau, les poubelles dans les ruisseaux, cette vie qui s'organise autour de 2 parpins et d'un bout de tôle. Mais vous connaissez aussi ces tristes situations à travers vos expériences. On sait pourquoi on travaille.
En ce qui concerne le pays, il est très beau, très vert avec de multiples rivières, des plages magnifiques et il commence à se reconstruire après 20 ans de guerre. Il est d'une richesse incroyable avec le pétrole, les diamants, la pêche, les cultures,... mais évidemment il y a toujours quelques gros bonnets que se trimballent en hummer (j'en ai jamais vu autant dans une ville) et qui bouffent tout l'argent du pays.
Nous profitons cependant de notre première aventure africaine en partant à la découverte de pays et de ses habitants.
Je ne peux m'empêcher de vous dire que j'ai réussi à trouver mon orval, souvenez vous de cette bière douce-amère que je comptais emmener sur une île déserte. Et bien elle se trouve ici à des prix défiants toute concurrence, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'en acheter une pour Noël! Chose importante, la bière locale est bonne (la Cuca), je ne suis pas perdu!
Voici donc quelques nouvelles de notre bout du monde à nous, j'espère que vous allez bien de votre côté. J'imagine qui neige au Canada et en Suisse, qu'il pleut en Belgique, qu'en France ça dépend d'où on se trouve, qu'en Espagne et en Italie il fait toujours beau, qu'en Asie, en Afrique, en Amérique, en Antartique et dans tous les pays, villes, continents, systèmes stellaires et galaxies en "ique" le temps est au beau fixe. Et puis bonne année aussi....
Didier
1 commentaire:
En Afghanistique, il fait beau, mais un peu frisquet, avec un poil de neige.
Tiens, t'as pas croisé le Père Noël dans un Hummer, des fois? Parce que du genre gros BONNET....
Th
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