lundi 4 juin 2007

Kabul news

Salut tout le monde,

Étant donné que ça ne fait que 5 jours que je suis arrivé ici à Kaboul, je n'ai pas encore grand chose comme anecdotes à vous raconter, mais le savoir-vivre qui me caractérise tant (pfffrt!!) exige que je vous tienne au courant de ma bonne santé. Effectivement, mon voyage s'est déroulé sans encombre, si l'on excepte une heure et demie de retard sur le vol Paris-Dubaï et un bouchon sur le ring entre les terminaux 1 et 2 de l'aéroport de Dubaï, et j'ai même évité l'Iliouchine pourri sur le vol UNHAS –pas besoin de clef de 14 pour resserrer les sièges- mais on a eu droit à un bon vieux Boeing 737 en parfait état de fonctionnement, avec hôtesses de l'air et repas servi à bord (ma foi un peu sec, le poulet, mais de la part des Nations Unies, je n'espérais pas le grand luxe). Et puis, raffinement parmi les raffinements, j'ai eu l'immense honneur et le plaisir considérable de découvrir en avant-première la bande dessinée de mon beau-frère Pierre-Yves, et la très ridicule fierté d'être le premier exportateur de ladite BD. Vraiment, elle est terrible; total respect! (PY: Bravo à Antoine et toi, vivement les prochains tomes… et si un jour, tu changes d'avis je met une option sur la planche 17, elle tue!!). Pour ceux qui apprécient la bonne BD, je ne peux que la leur conseiller: Noirhomme chez Casterman. Voilà, c'est fait pour la pub (PY, je te rappelle mon n° de compte: 063-9435229-74).

La ville de Kaboul est telle que je m'y attendais: animée mais pas agitée, pauvre mais pas effondrée, étrange mais accessible, chaude mais pas oppressante; une ville de maisons tantôt en terre, tantôt en dur, tantôt de bric et de broc, enserrée de collines sur les flancs desquelles escaladent des masures qui consolent leur modestie par une domination géographique. Ici, la vue de mon bureau:

Bref, une ville comme on en trouve beaucoup dans les pays à ressources limitées, où les automobilistes conduisent au forcing et au klaxon, prennent les ronds-points en sens inverse et certains aiment, pour mon plus grand plaisir, à égayer leur véhicule d'un petit élément de tuning –un autocollant, un pompon au rétroviseur, ou un néon autour de la plaque d'immatriculation.
Le sentiment d'insécurité est moins pénible à vivre à cause de la présence de militaires à tous les coins de rue, qui nous rappellent que ce pays est en guerre, qu'à cause des règles de sécurité à respecter: si je me réjouis qu'on n'ait pas de couvre-feu à respecter, nos mouvements sont très surveillés et, en pratique, on a toujours un membre du personnel afghan collé aux basques. Entendons-nous bien, l'équipe AMI afghane est très chaleureuse et accueillante, mais on ne se sent pas très libre. Bon, le risque terroriste n'est pas très important, mais le principe c'est de réduire ce risque au maximum. Comme pour éviter d'avoir un accident de voiture, on réduit le risque en évitant de conduire bourré, en respectant le code de la route, voire en évitant de prendre sa bagnole. Du bon sens, quoi. Mais c'est un peu pénible à vivre…
Sauf… le vendredi après-midi (pour rappel, dans les pays musulmans, le we prend place les vendredi et samedi) où on a le droit de jouer au foot sur le terrain d'un collège. Trop le pied!!!: pas de garde aux alentours, on peut mettre un short et même carrément se mettre torse nu, se dépenser physiquement et surtout discuter avec des peys afghans, qui pour une fois n'ont pas de lien professionnel avec nous. Sinon, pour se défouler, la communauté expat de Kaboul s'organise plein de petites fêtes avec plein de picole. Ça fait du bien aussi –on ne se refait pas. Je dois bien dire que l'équipe de l'AMI sur Kaboul est très sympa et m'a bien vite intégré dans leur bande de potes d'autres ONGs. Ici, je bénéficie d'une conjonction d'astres qui aligne Mars sur Bacchus: on a été invités quelques jours consécutifs à des petites fêtes d'expats. Très chouette…
A ce propos, je remercie tous ceux qui étaient présents à la soirée d'au-revoir mercredi dernier. Je suis désolé de ne pas avoir pu causer à tout le monde comme je l'aurais voulu, mais j'espère que vous vous êtes bien amusés. En tout cas, moi, j'ai eu énormément de plaisir à vous voir discuter et être heureux, de voir les groupes d'amis se mélanger, les biologistes causant avec les rôlistes, la famille discutant avec les tropicalistes, les amis de secondaire devisant avec les Galucéens, les Malonnois bavardant avec les médecins, etc. Comme promis, il n'y avait que des gens biens et ça faisait chaud au cœur de vous voir tous. Et que ceux qui n'ont pas pu venir se rassurent, il y en aura d'autres –à mon retour, par exemple!
Sur ce, comme on est sur le générateur, je n'ai plus droit à de l'électricité pour mon laptop et la batterie se meurt. Je me dépêche donc de terminer ce message.
Je vous embrasse bien fort,
Th

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